Les archives du Théâtre de Nice

 
1987 - 1988
 
Théàtre de Nice
 
10 spectacles
Sous la direction de:
Jacques Weber
 

Calendrier de la saison

L'édito

Edito de la saison 1987 - 1988

EDITO 1987 - 1988

Il y avait un morne parking gris et ennuyeux comme un embouteillage, pourtant nous l’aimions bien, quelques baraques déversaient leurs vieilleries touchantes, où les mochetés trouvent la grâce, où la grâce des tissus, celle des abat-jour, semble fanée d’avoir vieilli d’un coup, d’être là sur le trottoir ; tout cela nous l’aimions bien.
La pelouse où les braves gens faisaient la sieste bravement, où les braves chiens faisaient pipi bravement, cela aussi nous l’aimions bien.
Et puis, cette sorte d’usine grise et bleue, blanche à ses débuts, totalement triste lorsqu’on la voyait pour la première fois… finalement je l’aimais bien. Car cette vieille usine, comme son quartier, avait construit sa vie, racontait, discrète, en confidence, toute une histoire.
Tout cela va disparaître d’un coup comme les fresques dans « Fellini Roma », que le jour brutal arrache à la nuit de l’histoire.

Une image de Nice s’efface.
Un homme meurt, un autre naît.
Une image va naître,
Qui petit à petit va construire sa vie,
Racontera une autre histoire.

Au moment où j’écris ces lignes, au moment où le vieux chalutier rentre en cale sèche pour la dernière fois, où bientôt, on va le démâter et en extraire des lots de récupération, je pense à vous mes prédécesseurs, vous qui avez su, au-delà de toutes les difficultés, faire de ce lieu triste et plat comme un quai de gare, un théâtre coûte que coûte, un lieu où le silence crie, où rôde encore, pas comme des vagabonds, mais bel et bien comme des brigands de grand chemin, drue et forte, gigantesque et fragile la mémoire massive de toutes vos représentations.

Sachez, que grâce à vous, à un public que vous avez édifié, à une équipe dont la majeure partie m’accompagne encore, ce théâtre, ces deux dernières années, et je m’y engage jusqu’à sa dernière minute, connut la fidélité, la passion, la curiosité, la réflexion, bref, le succès dirait l’homme pressé (non, méfions nous de lui, le vrai succès est intime et secret) ; bref, les composantes essentielles de ce vers quoi nous courons tous : l’émotion, cette violence qu’il nous faut pour vivre, qui nous évite… l’attente.

Oui, encore une saison avant que ne surgisse cette nouvelle image, ce nouveau quartier, notre nouveau théâtre.

Le projet est beau, magnifique, mais n’agitons pas encore les rêves qu’il peut susciter. Car seule sa réalité, sa forme définitive et concrète, les moyens qui lui seront attribués peuvent dessiner le cadre exact de notre future renaissance.

Pour l’heure, nous sommes à une saison de celle-ci, une saison que les plus grands noms du théâtre contemporain, acteurs et metteurs en scène viennent construire avec nous. Jeanne Moreau, Nathalie Baye, Francis Huster, Fanny Ardant, Planchon, Maréchal, Vincent, Claude Brasseur, Bob Wilson, Maurice Benichou, Marcel Bluwal, Grüber, Daniel Gélin, Micheline Presle, Nelly Borgeaud, Zabou, Patrick Chesnais, François Perier…

Tous ces « si grands », « chez nous », « à la maison »… Je ne vous cache pas l’émotion et toute la fierté de toute mon équipe.

Parmi ces noms, ces spectacles, qui sont autant de promesses de bonheur, il y a nous, nos créations. Monte-Cristo en sera une à part entière. Au théâtre, le mot reprise n’a aucun sens, la représentation sans cesse évolue, se remodèle, s’enrichit. Ainsi, Monte-Cristo, non seulement par la mise en scène et l’écriture sera différent, mais surtout par sa représentation que j’ai voulue unique, jamais vue, comme une surprise. En effet, c’est à un tournage en direct que vous assisterez en pénétrant dans la salle, vous serez acteurs d’un studio, ce fameux engin à rêve, où le truc et la machine sont aussi fascinant que les images qu’ils fabriquent. Car Monte-Cristo sera l’une des grandes soirées de Télévision Européenne en 88 !

L’autre grande création (je devrais dire grande rencontre) est encore, au moment où j’écris, pleine de mystère et de rêve, griffonnée sur des brochures encore trop neuves. Mais déjà je sais tout au fond, tout au bout de moi-même, qu’elle sera forcement unique et rare parce que forcément bouleversée d’une émotion qu’on ne reconstitue pas, qui échappe au théâtre, qui nous échappent à Francis et à moi.

Francis Huster et moi sommes amis depuis l’âge de treize ans. Enfin nous allons réaliser un vieux rêve, encore plus vieux que nous : associer nos théâtres, mêler nos troupes et surtout jouer tout les deux. Jouer ensemble Molière, dont le petit buste à cinq sous pose son regard tendre et triste dans nos loges respectives. Serai-je Dom Juan ? Sera-t-il Sganarelle ? Nous ne le savons pas. Seuls le trouble et le bonheur d’être ensemble face à un mythe plus qu’à une pièce, face à nous-mêmes plus qu’à des rôles, constitue la « certitude » si fragile dont tout acteur a besoin : notre travail est sincère et vrai, il touchera le plus grand nombre.

Voilà, notre saison n’a jamais été aussi dense et imposante. « L’important est de plaire » disait Molière, mais il en est de plaire comme d’aimer, il faut s’aimer soi-même… Jamais je n’ai aimé autant une saison. Les gens que j’admire le plus, les meilleurs de mes amis y sont. Tout cela, et c’est bien, nous éloigne de la nostalgie crépusculaire d’un lieu que l’on quitte, nous invite à l’aube des renaissances d’un lieu qui naît.

Jacques Weber

L'équipe

L'équipe de la saison 1987 - 1988

L’EQUIPE 1987-1988

Directeur
Jacques Weber

Directeur administratif
Yves Saussinan

Secrétaire de direction
Simone Ginefri

Directrices des relations publiques, presse, information
Mady Léo, Dany Montiglio

Secrétariat
Grace Lo Piccolo

Responsable Accueil
Nicole Tirimagni

Responsable Location
Sylvie Langlois

Standard
Gabriel Augier

Chef comptable
Serge Frigerio

Attachée à la gestion du personnel
Rosette Jaubert

Directeur technique
Alain Bruno

Secrétariat
Christiane Lacroix

Régisseur général
Yves Guérut

Régisseur de scène :
Jean-Louis Varro

Chef machiniste
René Henry

Machinistes-constructeurs
François Bollone, René Burg, René Traverso

Ingénieur du son
Michel Wenglewski

Régisseur éclairagiste
Jacques Moreau

Régie Lumière
Nicolas Gilli


Habilleuse
Clara Fidanza

Entretien
Mireille Courtial, Sauveur Maïda

Restaurant du Théâtre
André Gallo


 
 
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Hamlet-machine
 
 
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Adriana Monti
 
 
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Le Récit de la servante Zerline
 
 
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Dom Juan
 
 
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George Dandin
 
 
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