Les archives du Théâtre de Nice

 
1989 - 1990
 
Théàtre de Nice
 
14 spectacles
Sous la direction de:
Jacques Weber
 

Calendrier de la saison

L'édito

Edito de la saison 1989 - 1990

EDITO 1989 - 1990

L’un mesurait deux mètres, l’autre les approchait, à eux deux ils dépassaient les deux quintaux. La voix de l’un, si rauque et si longue, traînait dans les sentiers du paradis ses allures de vieux dragueur de l’enfer, la voix de l’autre bougonnait sans cesse le vieux rire d’une crapule ou les bonnes larmes d’un vieil enfant. Dans une loge de théâtre d’un mètre sur deux, l’un disait à l’autre, en sanglotant : « Mon Pierre, c’est toi le plus grand ». L’autre, l’œil allumé et rigolard, lui répondait : « Ta gueule Miche l! c’est toi le dernier des monstres ». Ces deux éternels « enfants du paradis » nous jouaient déjà, comme ils le font encore dans nos mémoires, « un drôle de drame ». J’étais sur le pas de la porte comme devant la cage aux fauves, j’avais 16 ans, c’était mon premier rôle ; eux n’étaient pas loin de leur dernier et n’auront jamais d’âge, ils s’appelaient : Pierre Brasseur, Michel Simon.

Pendant plus d’un an, les bruits d’un chantier, l’énergie des machines et des hommes, nous ont dit à vous comme à moi que le théâtre s’était déjà remis au travail. Le marbre a bien poussé et tels les enclos du sacré, derrière ces hauts murs, deux bouts de terrain volés au temps et aménagés pour que les uns jouent et les autres regardent, attendent que vous et nous y communions. Ces deux lieus sont deux salles, ces deux salles s’appelleront : Pierre Brasseur, Michel Simon. L’une est rouge, l’autre est bleue ; l’une est italienne, l’autre est grecque ; l’une à quatre balcons et l’autre reste en gradins ; l’une est vaste, l’autre est moins grande, mais toutes deux racontent et font du théâtre. Un théâtre n’est jamais une usine à spectacles, une « machine à dieux ». Un théâtre est un colosse de Rhodes, le corps entre deux rives, un pas immuable dans le temps. Son avenir se refait toujours de son passé, de ses traditions : Molière, Shakespeare, Tchekhov accompagneront toujours dans tous les théâtres les nouveaux auteurs.

Il n’y a pas de théâtre idéal, répondant à tous nos souhaits (visibilité, acoustique, bien-être, etc.), je ne crois pas aux salles modulables, je crois à plusieurs salles qui s’expriment par elles-mêmes, dans leurs différences, comme les créateurs chargés de les animer. Nous allons vous et moi faire nos premiers pas avec cette grande et belle inconnue qu’est une salle qui n’a jamais joué. Nous allons trouver nos marques et je suis sûr que vite, bien vite, nous y trouverons ensemble cette chaleur, cette émotion, cette générosité, ce « tous ensemble » qui m’ont guidé, qui furent les seules choses que mon équipe et celle du chantier avons essayé de construire. Et un nouveau théâtre, c’est comme des chaussures neuves ou un nouveau costume, il lui faut vite le hasard d’une épaule un peu basse, la griffe du vécu. La première saison devait de toute urgence à un théâtre nouveau-né, son vieil hiver, son bel été, son tout premier printemps.

Le Misanthrope, là où Molière fait ses premiers pas dans l’hiver de son âge, là où jamais, sans doute, il n’a été plus loin dans l’obscurité de la conscience, de sa conscience, c’est de lui que nous partirons. C’est lui, c’est Alceste, ce « Jean-Baptiste », ce « Faiseur de théâtre », qui fera notre saison. Comme nous encore, il avait à se débattre avec l’apparence trompeuse du cours des choses, comme lui encore, nous savons que la création est la seule chose qui fait vivre le théâtre et justifie son passé. Jamais il n’y aura eu en une année au Théâtre de Nice autant de créations, autant d’expériences et de fraîcheur. Jean-Pierre Vincent vient et je joue avec lui, mais le presque vieux routier que je suis, devant l’un de ses maîtres, reprendra son cartable en carton bouilli, son crayon et ses gommes. Le vieux routier du son, à qui l’on doit les paysages sonores de Chéreau-Bondy-Planchon-Wilson, André Serré, abandonnera le dernier magnéto de chez Sony pour la première barboteuse du Nain Bleu et posera son regard malicieux mais toujours tendre sur la plus belle histoire à laquelle nous rêvons tous un jour ou l’autre : Roméo et Juliette.

Une bande de gamins, filles ou garçons, viendront mettre en scène avec toute leur insolence et leur innocence : Isabelle Nanty, Daniel Auteuil, Arnaud Bédouet, Robert Cantarella, bref, des grandes jeunes personnes, toute l’année durant, viendront faire ce geste éternel mais toujours précis et pressant, qui arrête le temps où l’on vit pour mieux sentir le temps où l’on est ; ce geste qui, au moment même où il déclame, est peut-être le plus doux des murmures ; ce geste qui tient en éveil en donnant le repos ; ce geste que je pratique depuis 25 ans et qui pour la première fois a l’arène qu’il souhaitait, et je veux à tout prix qu’avec moi vous l’aimiez ; ce geste c’est un tour de main, une vieille pratique qui s’améliore avec le temps : le théâtre tout simplement.

Merci Pierre, Merci Michel, Merci Maîtres.
Jacques Weber

L'équipe

L'équipe de la saison 1989 - 1990

L’EQUIPE 1989-1990

Direction générale
Jacques Weber
Direction administrative
Yves Saussinan

Secrétaire de direction
Simone Ginefri

Directrices relations publiques, presse, information
Mady Léo, Dany Montiglio
Secrétaire
Grâce Lo Piccolo

Responsable accueil
Nicole Tiramagni
Responsable locations
Sylvie Langlois


Chef comptable
Serge Frigerio
Attachée à la gestion du personnel
Rosette Jaubert

Directeur technique
Antoine Van de Wiele
Secrétaire
Christine Lacroix

Régie générale de production
Yves Guérut
Régie générale des salles
Alain Bruno, Jean-Paul Moye
Régie de scène
Jean-Louis Varro
Chef machiniste
René Henry

Machinistes-constructeurs
François Bollone, René Burg, Christophe Collovray, René Traverso
Ingénieur son
Michel Wengleswski
Régisseur éclairagiste
Jacques Moreau
Régie lumière
Nicolas Gilli
Habilleuse
Clara Fidanza

Entretien
Mireille Courtial, Sauveur Maïda

Foyer-bar
André Gallo

Les crédits

Crédits de la saison 1989 - 1990


Crédits photographiques
Saison 1989 - 1990

Sophie Steinberger / Enguérand (Fabrice Luchini)
Isabelle Nanty (Ibsen)
Delehaye (E. Macocco)
Jürg Bohlen (Melle Julie)
Marc Riboud (Romeo et Juliette) (Balcon à Fez – Roy Strong)
Roger-Violet (caricature Fuite à Varenne – Chant du Départ)




Crédits photographiques du sommaire

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT
Sophie Steinberger / Enguérand (Fabrice Luchini) - Jean Mounicq (Céline)
LE MISANTHROPE
Yann Babilée - Ariane Smolderen - Artmédia - Emmanuelle Béart – Bettina Rheims - Sygma Jacques Weber - Béatrice Heyligers - Emmanuelle Meyssignac - Martine Peccoux - Stills - Charlotte de Turckheim - Artmédia - Roger Dumas - George Lambert - Pierre Gérard - Kipa - Michel Fau - Max Armengaud - Luc Alexander - Claude Djinsky - Pascal Barraud
NOTES D’UN SOUTERRAIN
Daniel Auteuil - Gérard Schachmes - Sygma
MAISON DE POUPEES
Isabelle Nanty - Suzy Vatinet - Sandrine Dumas - Carole Dellaiche - Antoine Dulery - Kipa - Serge Riaboukine - Max Armengaud
CALLAS
Elizabeth Macocco - Delahaie
MADEMOISELLE JULIE
Matthias Ianghoff - Brigitte Enguérand
ROMEO ET JULIETTE
Amélie Gonin - Agence W - Vincent Garanger - Agence Danielle Peccoux - Hammou Graïa - Michel Amet - Agence S. Couturière - Danielle Van Bercheycke - Betty Rafaelli - Marc Pillet - Agence Martine Lapertot
PONCE PILATE
Michel Duchaussoy - Marc Enguérand - Michel Robin - Yves Gallois - Artmédia - Laurence Merchet - Quenneville
LA DAME DE CHEZ MAXIM
Dominique Valadié - Françoise Raybaud - Artmédia - Claire Wauthion - M.F. Plissart - Agence. D. Peccoux
LE CHANT DU DEPART
Denise Gence - Rubinel / Enguérand - Hélène Vincent - Brigitte Enguérand - Jean-Pierre Vincent - Marc Enguérand
LE VOYAGE
Robert Cantarella - Carole Bellaiche - Florence Giorgetti - AA - Suzy Vatinet - Aladin Reibel - Monica Darek - Agence A.A. Andrei
LIGHT
Carolyn Carlson - Graziano Arici et Mark Smith - David Peterle.


Le programme a été réalisé par les établissements
Ciais s.a. imprimeurs-créateurs - Nice

Avec la collaboration de
Mady Léo, Dany Montiglio (documentation et rédaction)
Gilles Nifenecker (maquette)
Qualitext (photocomposition)


Nous remercions les illustrateurs pour leurs créations originales
Alain Boullet (Callas-Light)
Gilles Nifenecker (Première Prise)
Yann Le Coheleach’ (Melle Julie)
Serge Ceccarelli (Romeo et Juliette)
Bernard Reyboz (Ponce Pilate)
Brigitte Auclair-Tournet (La Dame de chez Maxim)
Jacques Parnel (Le Voyage)
 
 
Théâtre de Nice
Voyage au bout de la nuit
 
 
Théâtre de Nice
Le Misanthrope
 
 
Théâtre de Nice
Notes d'un souterrain
 
 
Théâtre de Nice
Une Maison de poupées
 
 
Théâtre de Nice
Callas
 
 
Théâtre de Nice
Première prise
 
 
Théâtre de Nice
Mademoiselle Julie
 
 
Théâtre de Nice
Roméo et Juliette
 
 
Théâtre de Nice
Ponce Pilate
 
 
Théâtre de Nice
Tout sur le bruit
 
 
Théâtre de Nice
La Dame de chez Maxim
 
 
Théâtre de Nice
Le Chant du départ
 
 
Théâtre de Nice
Le Voyage
 
 
Théâtre de Nice
Light