Les archives du Théâtre de Nice

 
1994 - 1995
 
Théàtre de Nice
 
29 spectacles
Sous la direction de:
Jacques Weber
 

Calendrier de la saison

L'édito

Edito de la saison 1994 - 1995

EDITO 1994 - 1995

C’était à l’Odéon, il y a deux ans, on y jouait « Il Campiello » de Goldoni, mis en scène par Giorgio Strehler. Nous étions à Venise, sur la petite place, il neigeait ; les flocons étaient de légers confettis blancs ; visiblement égaré un « étranger », le chevalier, arrivait, sans doute venant du carnaval voisin, il en avait gardé des traces dans ses poches : c’étaient de légers confettis bleus. Se laissant aller au temps, il regarder les gens de la petite place jouer avec la neige et parler d’amour ; et puis, le chevalier est parti, il a salué la petite place comme un seigneur mais d’un geste de maman sur un quai de gare où la main agite les « je t’aime, au revoir ». Le chevalier a traversé la salle, nous ne disons rien, nous ne pouvons plus rien dire, je crois bien que nous pleurions.

Giorgio Strehler avant la représentation avait écrit à ses acteurs : « Que tout cela soit vivant, doux, âpre, léger et triste ; qu’il y ait de la joie de vivre envers et contre tout et tout le monde ; la leçon de ce spectacle est que la vie est une chose unique, surprenante et magnifique… » Il disait aussi : « être bon et le cœur limpide, le talent commence par là ».

Lorsqu’on me demande « qu’est ce que le théâtre ? Pourquoi le théâtre ? », la neige du « Campiello » vient me rafraichir les joues et me brouiller les yeux. Je n’en sais guère plus, les mots noircissent les pages comme ils salissent la neige. Et pourtant, le théâtre, lieu de poésie et de sens, où il fait faux, où il fait vrai, comme dans la vie, cela dépend, le théâtre est concret, il est espace, une ville, des gens, un monde ; avant d’être le Théâtre il est un théâtre, il est repérable, partout où quelqu’un joue et d’autres regardent, partout où ses repères sont là, le théâtre agit, il provoque, réveille, console, adoucit converse « dans un même désir désintéressé de sympathie » disait Jouvet.

Il n’y a pas de théâtre comme il n’y a pas de public. Il y a des publics, des urgences et des hommes. Il n’y a pas de message ni de leçon, mais des leçons comme celle de Goldoni, simple comme celle de l’école ou de la fin du jour.

Les théâtres ne proclames pas, ne disent rient, ils crient, ils écoutent, ils sont adossés à la trace du vent.
Diriger un théâtre, c’est déjà accepter que d’autres le dirige autrement.
A la tête du CDN j’ouvre grand la porte c’est tout, essayant loin des discours d’attendre et d’entendre en sympathie, m’efforçant « d’être bon et le cœur limpide ».

Je voudrais être de plus en plus loin des juges et de l’exclusion, je voudrais être encore plus loin de l’homme mais tout près de mon voisin. Je suis à la tête d’un désert où la liberté nue et chaude comme l’air sculpte les dunes d’un instant, des chefs-d’œuvre de quelques secondes, des milliards de grains de sable se déplacent, le désert se tait immuable.
Un désert sans roi, sans toi ni loi. Y suis-je bien ? Je n’en sais rien, j’ai constamment soif, j’aimerais de l’eau ou qu’il fasse froid, qu’il neige oui qu’il neige comme sur le « Campiello ».
Jacques Weber

L'équipe

L'équipe de la saison 1994 - 1995

L’EQUIPE 1994-1995

Direction générale
Jacques Weber
Direction administrative
Yves Saussinan

Secrétaire de direction
Simone Ginefri

Directrices relations publiques, presse, information
Mady Léo, Dany Montiglio
Secrétaire
Marie-Christine Wagner

Responsable accueil
Nicole Tiramagni
Responsable locations
Sylvie Langlois
Accueil-caisse
Agnès Mercier
Accueil-caisse
Ella Perrier

Chef comptable
Serge Frigerio
Secrétaire comptable
Michaela Cogno

Directeur technique
Antoine Van de Wiele
Secrétaire
Virginie Gallo

Régie générale de production
Yves Guérut
Régie générale des salles
Alain Bruno, Jean-Paul Moye
Régie de scène
Jean-Louis Varro
« Jean-Louis nous a quitté à la suite d’une longue maladie. Son souvenir restera dans nos cœurs. »

Machinistes-constructeurs
François Bollone, René Burg, Christophe Collovray, René Traverso
Régie son
Francis Nolier
Régisseurs éclairagistes
Jacques Moreau, Nicolas Gilli
Régie lumière
René Poulin

Habilleuse
Clara Fidanza

Entretien
Mireille Courtial

Les crédits

Crédits de la saison 1994 - 1995

Ce programme a été réalisé par les établissements
Ciais s.a. imprimeurs-créateurs - Nice

Avec la collaboration de
Mady Léo, Dany Montiglio (documentation)
Megapom (photocomposition PAO)
Grégoire Gardette, couverture
Gilles Nifenecker (conception graphique)

 
 
Théâtre de Nice
Reviens à toi (encore)
 
 
Théâtre de Nice
Les Jours de rien…
 
 
Théâtre de Nice
Falstafe
 
 
Théâtre de Nice
Quadrille
 
 
Théâtre de Nice
Michel Boujenah
 
 
Théâtre de Nice
La Volupté de l'honneur
 
 
Théâtre de Nice
Oblomov
 
 
Théâtre de Nice
Journal de Vaslav Nijinski
 
 
Théâtre de Nice
Jean-Pierre Cassel
 
 
Théâtre de Nice
C'est Magnifique
 
 
Théâtre de Nice
Conférence sur Kafka
 
 
Théâtre de Nice
Le Tartuffe
 
 
Théâtre de Nice
Fièvre romaine
 
 
Théâtre de Nice
Talking heads
 
 
Théâtre de Nice
Henry VI
 
 
Théâtre de Nice
Espions et célibataires
 
 
Théâtre de Nice
Mauro Gioia
 
 
Théâtre de Nice
Le Visiteur
 
 
Théâtre de Nice
Anatole
 
 
Théâtre de Nice
Quisaitout & Grobêta
 
 
Théâtre de Nice
La Descente d'Orphée
 
 
Théâtre de Nice
Pygmalion
 
 
Théâtre de Nice
Marotoscope
 
 
Théâtre de Nice
Sous la blafarde (extraits)
 
 
Théâtre de Nice
As glass
 
 
Théâtre de Nice
Yvonne, Princesse de Bourgogne
 
 
Théâtre de Nice
La Ronde
 
 
Théâtre de Nice
Visions
 
 
Théâtre de Nice
Casanova 95