Les archives du Théâtre de Nice

 
2001 - 2002
 
Théàtre de Nice
 
23 spectacles
Sous la direction de:
Jacques Weber
 

Calendrier de la saison

L'édito

Edito de la saison 2001 - 2002

EDITO 2001 – 2002


Chers amis,
Il est tard, je suis en retard, comme souvent, comme toujours, encore plus ce soir et je sais pourquoi ; un petite phrase de Godard que j’ai glissé dans mon prochain spectacle me trotte dans la tête : « tu as l’air triste ? » - « oui, tu me parles avec des mots moi je te regarde avec des sentiments ».
Eh oui ! Cet édito je sais qu’il est le dernier, et tous les mors me semblent usagés, les phrases qui me viendraient proprettes, appliquées, un peu naphtaline, un peu raffinées, ont l’air de petites vieilles qui raffolent des enterrements. Pourtant au fond de la tête (justement ce soir, il s’agit pas d’elle comme chez tous les garçons) au fond du cœur donc, les mots, les vrais grands sont tout simples – et ce soir ce sont les derniers mots, les vrais derniers… « Ça va être les murmures, je connais ça, même pas, on parle de murmures, de cris lointains, tant qu’on peut parler… ce sont des mensonges, ce sera le silence ».
Quoique j’écrive, je sais maintenant, que je ne dis presque rien, je sais que tout ce que je pourrais, je voudrais vous dire, je ne vous l’ai dit qu’en scène comme demain je continuerai à le faire.
Quinze ans planté là au cœur de ma vie d’homme… L’ancien théâtre, « la belle usine bleue » qui fout le camp… un chantier en force, longtemps on parle théâtre avec des casques et des grues au dessus de la tête et puis soudain du marbre ! Eh oui ! du marbre ; nous voilà, loin de la rue, trop haut peut-être, on se sent un peu seul tout d’un coup et puis on s’y fait…
Y en avait même qui pensaient qu’il n’y avait pas besoin de hall pour le public… (« vous comprenez à Nice ! c’est toujours l’été ! »), il a bien fallu en rajouter un, excroissance, petite bedaine imprévue pour l’architecte !

Et puis il y a la cafet de Dédé avec toutes ces vieilles photos, son odeur de clop, de vin, de fromage, de boulot, de plat du jour,… finie, on l’a mise en haut, « nickel chicos » et puis et puis… malgré tout, et puis surtout, la vie est toujours plus forte que ces errances ou erreurs ; je veux dire que quand on s’est mis à y jouer dans ce théâtre, quand on a aimé c’est-à-dire agi, Chez Brasseur ou chez Simon, même si, déjà ou encore « c’était plus comme avant » Bon dieu ! on a ri, mangé, pleuré, gueulé, chuchoté en scène ou en coulisse, on a joué, joué, y avait toujours du charbon dans la chaudière et du pain sur la table et les gars et les filles qui partaient au front rouge sang ou bleu horizon (y a pas petite et grande salle) y en a eu des moches et des beaux, des traînes la patte et des gaillards, des généreux et des rassis, des fleurs bleues et des tulipes noires, mais tous ! Nom de dieu ! ils avaient peur, peur de quoi ? mais tout simplement que quelque chose ne se passe pas.
Ben oui, c’est tout ! J’ose le dire à toi le « penseur bavardif », « l’actif cultureux », à toi qui en a déjà assez de me lire : un grand théâtre c’est une bande de gens, devant, derrière, qui se bouffent les sangs tous les jours pour qu’il se passe quelque chose.

Les chiffres, les triomphes, les échecs, le nombre de créations, les patati et patata qui font frémir les cravates, les indices, les courbes qui méritent de Ah !, les blablas qui puent le chrysanthème j’en veux plus, j’en veux pas, pas ce soir ; encore moins des noms ! des prénoms oui ! c’est comme ça, je peux pas faire autrement ceux-là je veux qu’ils soient écrits là, en lettres d’or, sur ce papier, sur ce beau livre qui vous raconte la prochaine saison ; il y a vous et puis plein d’autres gens, un public à qui j’ai pas envie de dire je vous aime parce que je l’ai trop dis et parce que c’est pas vrai, on n’aime pas le noir ou une foule, on aime un prénom du fond de la salle, de la cour au jardin, du premier rang.
J’ai pas envie non plus de dire : Ça a été magnifique parce que c’est pas vrai, parce que ce qui est magnifique est ailleurs… toujours… c’est mon fils Stanley qui a le même âge que mon Nice à moi, ou Kim qui a deux de moins.

Oui… oui c’était bon et chaud, fort, les whiskies de la peur avec Mady ou Simone pendant une représentation dans la cafet déserte… les petits mots et leurs gentilles fleurs de première, rites jamais officiels et toujours truffés de tendresse, et puis, et puis… le petit café spécial sérieux avec Yves chez Mouloud à la fraiche du matin, le « petit thé de 20h15 » genre Nabokov chez Pivot (il était malté et avait douze ans d’âge) de Yves l’autre le « vieux » Guérut, les « lézards » de Moye, la vraie gentillesse d’Alain Bruno, Lio ou Johnny à fond la caisse avec Francis à la console et Airbus à la lumière, comme ça juste avant de jouer…
Ah ! le petit bordel que je venais foutre dans les bureaux les matins à l’heure des comptes.
Non, des souvenirs de théâtre ! je n’en raconterais pas, ils sont à vous ! je les laisse au théâtre…
La salle est vide, elle se tait… Á la dernière de Cyrano, des enfants hurlaient leurs rôles en courant entre les rangées… Mon dieu que la nuit était belle ! J’avais l’impression que ça, c’était un des trucs bien qu’on avait fait ; des gamins s’emparaient d’un théâtre pour hurler ivre de joie des grands mots et des grands sentiments.
Je ne me relie pas, je ne veux pas me relire…
« Mais ce soir il me semble que je vais parler pour la première fois ». Adorer c’est dire trop fort que l’on aime, c’est ce que je fais trop souvent, oui je voudrais tellement aimer, c’est pour ça que je suis en scène, passer mon temps à aimer le monde dans le noir contrairement à ce qu’on pense ; le noir de vous, le noir de l’encre et de la nuit.

Aimer quel mot odieux, banal, trop de bouches l’ont profané, craché ou tordu, aimer… sans ses yeux, sans… (chut ! faut rester révérencieux) Que dire ? Qu’après tout vous avez toujours su où me trouver, … là-bas chez Molière, Flaubert, Shakespeare ou Brecht, opaque ou exubérant, gueulard de l’intime, anarchiste du désir, dans les entrailles des mots, c’est pourtant ce que je cachais qui vous en disait le plus, là-bas j’ai peur mais je suis bien, c’est tout ce que je sais mais ça je le sais, c’est de là-bas que j’étais avec vous à Nice, pas directeur pour un sou ! vous le savez tous très bien, mais soldat de première ligne, oui ça je veux, et en confiance je peux le dire, à vous qui étiez mes chefs : j’en suis fier !

Y en a qui comprendront pas, tant pis pour eux ! Mais ce soir je veux pas (je vais essayer moi qui aime tant ça, pas d’effets de marches !) je veux juste dire à bientôt ; et puis tout le monde comprendra (enfin presque) et j’espère ne m’en voudra pas que ce soit ici que je grave en lettres d’or les prénoms de tout à l’heure et que très fort (Allez j’ai pas de metteur en scène, j’y vais à fond) très monstrueusement fort, avec mes grands bras je les embrasse dans le désordre.
Jacques Weber
L'équipe

L'équipe de la saison 2001 - 2002

L’EQUIPE 2001-2002

Direction générale
Jacques Weber
Directeur administratif
Yves Saussinan

Secrétaire de direction
Simone Ginefri

Secrétaire générale
Mady Léo
Directrice relations publiques, presse
Dany Montiglio
Attachée aux relations publiques
Ella Perrier
Secrétaire
Dominique Buttini

Responsable accueil - caisse
Sylvie Langlois
Accueil-caisse
Eric Delucis, Astrid Laporte, Agnès Mercier

Standardistes
Fabienne Ortiz, Jocelyn Bouvier
Veilleur de nuit
Florian Sauvat

Chef comptable
Serge Frigerio
Secrétaire comptable
Catherine Arnéodo
Aide comptable
Isabelle Saussinan

Directeur technique
Yves Guérut
Secrétaire
Virginie Gallo

Régisseurs généraux
Alain Bruno, Jean-Paul Moye
Chef machiniste
François Bollone

Machinistes-constructeurs
Sauveur Fargione, Christian Romana

Responsable d’atelier
René Traverso
Constructeur-machiniste
Pascal Brodin

Régie son
Francis Nolier
Régisseurs lumière
René Poulin, Alexandre Toscani
Responsable électrique bâtiment
François Moret

Daniel Benoin, directeur général à partir du 1er janvier 2002

Les crédits

Crédits de la saison 2001 - 2002

Programme réalisé par les Etablissements Ciais, imprimeurs à Nice
Rédaction et iconographie, Mady Léo et Dany Montiglio
Conception graphique : Gilles Nifenecker
Conception couverture : Grégoire Gardette Associés
Infographie : Megapom
 
 
Théâtre de Nice
Les Règles du savoir vivre dans la société moderne
 
 
Théâtre de Nice
Cyrano de Bergerac
 
 
Théâtre de Nice
Michel Hermon
 
 
Théâtre de Nice
Deux Labiche dans une armoire
 
 
Théâtre de Nice
La Symphonie du hanneton
 
 
Théâtre de Nice
La Locandiera
 
 
Théâtre de Nice
Le Retour au désert
 
 
Théâtre de Nice
Shake
 
 
Théâtre de Nice
La Nuit du thermomètre
 
 
Théâtre de Nice
Valérie Lemercier
 
 
Théâtre de Nice
Un Fil à la patte
 
 
Théâtre de Nice
Cendres de cailloux
 
 
Théâtre de Nice
Angelin Preljocaj
 
 
Théâtre de Nice
L'Avare
 
 
Théâtre de Nice
Phèdre
 
 
Théâtre de Nice
Lac des singes
 
 
Théâtre de Nice
La Femme gauchère
 
 
Théâtre de Nice
Juste la fin du monde
 
 
Théâtre de Nice
Monsieur Armand dit Garrincha
 
 
Théâtre de Nice
Juliette et Roméo
 
 
Théâtre de Nice
Compagnie Michèle Noiret - Ensemble Itinéraire
 
 
Théâtre de Nice
Orchestre Régional Cannes-Provence-Alpes-Côte d'Azur
 
 
Théâtre de Nice
Variété